J’avais rencontré Mélanie cet été sur la DropZone d’Empuriabrava et nous avions eu un bon contact. Elle a accepté de répondre à quelques questions, pour notre grand bonheur !!
Alors Mélanie la chute libre pour toi c’est quoi?
Un moment intense de liberté
Quelles sont les sensations que tu peux nous décrire lorsque tu chutes avec ton surf ?
La sensation de chute en elle-même n’est pas vraiment différente du freefly, comme on peut le voir en wing suit par exemple. Ce qui est intéressant, c’est que dans beaucoup de position, le surf va amplifier le vol, c’est à dire qu’il va modifier, ralentir ou plus souvent accélérer les vitesses et les trajectoires. On peut utiliser de nouveaux appuis, inexistants en freefly. La sensation de glisse se ressent le plus en track et en sortie d’avion dans le vent relatif. Ensuite, dans un programme de compétition, il est intéressant de voir comment le videoman et le skysurfer arrivent à voler ensemble alors qu’ils ont 2 techniques de vol différentes. En ce qui me concerne l’adrénaline est importante lorsque j’essaie de nouvelles figures et que je ne sais pas comment le surf va réagir. L’important est d’être rigoureux et « gainer » dans toutes les figures à entreprendre. Une fois la maitrise du surf assurée, c’est que du bonheur…
Raconte nous un peu ton parcours: ton nombre de sauts, ton palmarès. Présente nous ton équipe
J’ai commencé le parachutisme par hasard parce que mon cousin s’y était mis peu de temps avant. Je ne connaissais pas du tout ce milieu avant de faire ma formation en automatique à Château thierry en 2000. J’ai commencé le skysurf à Bouloc en 2002 grâce à un ami ancien compétiteur de Skysurf, Stanislas Ledewyn. J’avais 180 sauts. N’ayant pas sauté en 2003 à cause d’un petit accident, j’ai repris en 2004 avec comme objectif de faire ma 1ère année de compétition en surf. J’étais accompagné de Fabrice Guttierez pour la video. Au fur et à mesure, la volonté de réussir grandissait, mes objectifs évoluaient et prenaient de l’ampleur. Je rentre en espoir en 2005 suite à un stage de détection, puis après s’être engagée avec Dedric Hourdé comme nouveau videoman, nous intégrons les équipes de France officielles fin 2006. Cette année 2007 fut la consécration pour nous, car nous décrochons le médaille de bronze à la Coupe du Monde en Russie alors qu’on ne s’y attendait pas. Dedric et moi formons une super équipe où l’ambiance est toujours positive. La vie d’équipe est parfois dure en entrainement mais pour le coup, on s’est bien trouvé !
Comment faire pour débuter le skysurf aujourd’hui ?
Il est clair qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas beaucoup d’initiateur skysurf. Il y a 2 moyens de débuter : Blandine Perroud, ex- équipe de France se trouvant à Pau, forment les gens désirant s’essayer ou se perfectionner au surf. Elle encadre et suit les élèves avec la video. Ensuite, à Bouloc, Alain Pechverty et Frederique Porte, ont une autre méthode tout aussi efficace qui consiste à commencer avec des patinettes. Dans les 2 cas, les débuts sont fastidieux mais avec beaucoup de volonté, la progression arrive vite si on se fait coacher. Je peux également faire du perfectionnement sur simple demande.
Quels sont vos prochains objectifs en compétition ? Nombre de sauts d’entraînement prévus cette année?
Notre médaille à la coupe du monde cette année nous ayant rassuré sur notre niveau, nous savons dans quel axe travailler. Nous préparons les championnats du monde qui se dérouleront à Maubeuge en Août prochain. Nous prévoyons 650 sauts d’entrainement (sans compter les aléas météo). L’essentiel de nos sauts se font à Empuriabrava, avec un détour au maroc en Janvier. Si nos plannings le permettent, peut être un peu de soufflerie en Floride, et du freefly pour moi.
As tu une vie professionnelle en dehors du para ou est-tu pro dans le parachutisme ou les deux ?
J’ai depuis peu une nouvelle activité professionnelle (puisque j’avais arrêter de travailler depuis 1 an ½). Je m’occupe du développement commercial de SONIC, fabricant de vêtements de parachutisme, à Empuria. Je touche un peu à tout, marketing, communication et vente…. Dedric, quant à lui, travaille pour Performances Design. Ces postes nous donnent donc assez de liberté pour les entrainements.
Comment financez vous vos sauts, cherchez vous des sponsors ? Si oui c’est le moment de lancer un appel !
Le financement de nos sauts est bien entendu, le plus dur. Etant équipe de France, nous sommes aidés par la fédération mais notre porte-feuille en prend aussi un coup. Nous recherchons un sponsor mais les portes sont souvent fermées pour notre sport si peu connu et si peu médiatisé.
Je te remercie de m’avoir accordé cette interview et je vous souhaite la meilleure réussite possible !
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